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  • 발신자G. Roze
  • 수신자P. de Chasseloup-Laubat
  • 발송일1866년 11월 17일(음)
  • 출전Roze I, pp. 92-4.
À bord de la Guerrière, le 17 novembre 1866, mouillage de l’Ile Boisée.

 Je viens vous remercier avec effusion de la lettre que vous avez daigné m’adresser et par laquelle V. E. veut bien approuver la résolution qui m’avait conduit en Cochinchine.
 En répondant à l’appel de l’Amiral de la Grandière, je n’ai accompli qu’un devoir bien naturel, mais je suis heureux et flatté tout à la fois du témoignage de haute satisfaction que je reçois de votre bienveillance. Quand je suis arrivé à Saïgon, l’insurrection était mineure, mes services ne pouvaient plus y être utiles. Je me suis hâté d’en partir pour retourner au centre de ma station où m’appelaient des devoirs nouveaux. Il n’était bruit en ce moment que des nouvelles apportées de la Corée où nos missionnaires avaient été mis à mort. Le retentissement de cet acte odieux avait produit une vive émotion parmi les étrangers résidant dans l’Extrême Orient, et, sous la coupe de ces impressions, j’ai pensé qu’il m’appartenait de chercher, par tous les moyens en mon pouvoir, à punir un crime qui avait été commis dans le rayon de mon commandement. Je me considérais avec raison comme un satellite envoyé au loin par la France pour veiller sur ses sujets et je regardais comme une obligation de faire au moins une tentative pour renseigner le Gouvernement de l’Empereur et lui donner la possibilité de venger le sang de nos missionnaires, quand le moment lui paraîtrait convenable. C’est animé de ces sentiments que j’ai fait ma première exploration et que je suis allé devant Séoul dont la position géographique était encore ignorée ; au point de vue maritime, cette exploration n’a pas été sans valeur et j’ai la confiance que vous avez bien voulu en apprécier les résultats.
 Ainsi que j’ai eu l’honneur de l’écrire à V. E. dans mes dépêches officielles, ma préoccupation la plus constante a été de n’engager en rien le Gouvernement de l’Empereur et d’agir avec la plus extrême prudence pour mener à bonne fin l’entreprise que j’avais projetée.
 J’ai compris en pénétrant au coeur de la Corée sur ce fleuve dont l’accès présente tant de difficultés à la navigation, qu’une attaque contre Séoul était impossible avec les seuls moyens dont je disposais, mais comme j’ai eu le soin de l’écrire à V. E. dès le principe je pouvais avec mes forces réunies frapper le Gouvernement de la Corée en détruisant le boulevard de sa puissance militaire que je pouvais atteindre sur l’Ile de Kang-hoa, je n’avais en vue qu’un coup de main et je prouvais en l’accomplissant, que chargé par le Gouvernement de l’Empereur de veiller sur les intérêts de ses sujets, je comprenais l’étendue de la mission qui m’était confiée.
 Mon programme a été rempli de tous points. Kang-Hoa, la place la plus forte du Royaume a été présque complètement anéantie. Les établissements officiels, y compris la demeure du Roi, ont été rasés, et le Gouvernement de la Corée a vu que nous avions su trouver le chemin qui, dans un moment donné, pouvait conduire les Français jusqu’à Séoul. Comme je le dis dans mon rapport officiel, cette oeuvre étant accomplie et le but de ma mission étant atteint, je suis parti à mon heure, sans y être forcé par les circonstances, et ayant exécuté l’opération que j’avais en vue, c’est à dire un coup de main dont le caractère était essentiellement maritime.
 Les renseignements qui m’avaient été donnés ont été bien souvent en désaccord avec la réalité, mais j’avais appris à m’en défier et j’ai constamment agi en me mettant en garde contre des récits infidèles qui, dans bien des circonstances analogues et dans d’autres pays, avaient trompé la bonne foi des chefs d’expédition. Pour conquérir en effet un royaume aussi étendu que la Corée, ce ne sont pas quelques compagnies de débarquements qui seraient nécessaires, mais bien une armée de 3 à 4 mille soldats.
 Je peux le dire en toute sincérité, au point de vue maritime, notre excursion en Corée a découvert un pays inconnu jusqu’ici aux navigateurs ; au point de vue militaire, nous n’avons eu que des succès, car même la reconnaissance exécutée par le Commandant Olivier vers la forteresse de Tchiong-tong-sa, malgré les blessés que nous y avons eus a prouvé une fois de plus aux Coréens la valeurs de nos marins, et nos ennemis restés retranchés derrière les murailles qui les abritaient, n’ont pas osé se mesurer en rase campagne avec une troupe dont ils avaient pu mesurer le nombre. Ils ne l’ont pas suivie dans son retour qui n’a été que la continuation de la reconnaissance du matin, et cette poignée d’hommes est rentrée dans nos cantonnements dans le même ordre qu’elle était partie.
 Je peux donc dire avec raison que notre coup de main sur la Corée a réussi de toutes les manières. Les résultats ne peuvent être douteux, et je me suis retiré quand j’en ai jugé le moment convenable, après avoir entièrement rempli mon but et sans avoir engagé le Gouvernement de l’Empereur dans une entreprise dont le moment pouvait ne pas lui paraître opportun.
 Nous avons pu nous livrer à des travaux d’hydrographie qui seront précieux dans l’avenir et grâce à l’habileté de nos capitaines nous avons eu le bonheur de n’avoir à subir aucun funeste accident dans ces parages dont l’accès avait paru impossible avant nous. J’ai donc lieu de me flatter, Monsieur le Ministre, que vous daignerez apprécier la résolution que j’ai prise en venant en Corée, et je serais bien heureux si vous vouliez bien assurer à mes efforts une approbation à laquelle j’attache tant de prise.

Signé : G. Roze

 
이름
Grandière , Olivier , G. Roze
지명
Cochinchine , Saïgon , Corée , France , Séoul , Corée , Séoul , Kang-hoa , Kang-Hoa , Séoul , Corée , Corée , Tchiong-tong-sa , Corée , Corée
관서
le Gouvernement de la Corée , le Gouvernement de la Corée

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